Comment prévenir la pénibilité au travail au sein d’une entreprise de traitement des déchets ?

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Prévenir la pénibilité devrait être une priorité pour toutes les entreprises de traitement de déchets puisque cela permet de maintenir ses ressources humaines et d’œuvrer selon les exigences de son domaine. Corinne Faivre, consultante SSHT nous montre comment mettre en place les mesures de prévention qui s’imposent.

L’entreprise

– Activités :
L’entreprise qu’elle nous propose d’étudier ensemble est spécialisée dans le traitement de déchets, mais plus précisément dans le pompage-curage de déchets, de canalisation ainsi que de cuves et égouts.
– Secteurs d’intervention :
L’entreprise œuvre auprès de deux domaines différents à savoir les PME et industries et les collectivités territoriales et les HLM.
– Personnel :
Son personnel se compose d’un directeur d’agence, de deux agents administratifs, de deux commerciaux, d’un agent de planning et de 30 techniciens de chantier.
– Organisation de travail :
Pour travailler, l’entreprise se base sur les types de contrats. Elle peut signer des contrats de longue durée qui lui permettent de planifier à l’avance une grande partie de l’activité, mais elle peut aussi recevoir des contrats imprévisibles et ponctuels. Dans ce dernier cas, l’entreprise fournit des devis aux clients.
– Horaire de travail :
Tous les employés de la société commencent à travailler à partir de 7 h 45 du matin jusqu’à 17h. Les salariés peuvent également faire des journées continues, mais seulement s’ils sont d’accord avec ce concept. Pour répondre aux urgences, l’entreprise dispose d’une équipe d’astreinte.

L’identification des situations de pénibilité au sein de l’entreprise

Identifier les situations de pénibilité permet de comprendre les processus d’usure. Pour Corinne Faivre, la méthodologie est axée sur deux analyses à savoir :
– L’analyse démographique :
Cette première analyse a pour objectif de connaître les salariés exposés à la pénibilité. Elle permet de mettre en exergue les salariés qui ont des problèmes de santé, problèmes que le médecin de travail a pu valider. Au sein d’une entreprise de traitement de déchets, les salariés en mauvaise santé peuvent se situer à différents niveaux et dans différentes branches d’activités. Le problème le plus souvent rencontré concerne les restrictions d’aptitude qui touchent malheureusement la population jeune située entre 27 et 32 ans. De par cette analyse, la consultante SSHT peut déduire que la gestion des ressources humaines mise en place par l’entreprise entraîne une usure précoce de ses employés. Résultat : lacunes dans l’exécution des travaux, surtout sur des chantiers difficiles.
– L’analyse de l’activité :
L’analyse de l’activité aide à déterminer les caractéristiques exposant les travailleurs à un risque de pénibilité et d’usure au travail. Parmi elles, on rencontre fréquemment une planification dangereuse des chantiers, une mauvaise affectation des ressources ou encore une erreur dans la planification des chantiers.
Grâce à ces deux types d’analyse, il est possible d’identifier les principales sources de pénibilité et d’y apporter rapidement une solution. La pénibilité pourra ainsi être évitée dans la mesure où chaque ressource est affectée au poste adapté à ses compétences et qu’on lui fournit les matériels nécessaires pour réaliser la tâche qui lui incombe. Pour réduire et éradiquer la pénibilité, une bonne préparation des chantiers est plus qu’importante.

Réduire la pénibilité grâce à l’expérience des salariés

L’expérience des salariés joue un rôle important dans la réduction de la pénibilité. En effet, puisqu’au fil des années, les salariés savent exactement comment il faut manier tel ou tel appareil pour éviter les accidents ou réduire la fatigue, ils savent mieux que quiconque comment s’en débarrasser. Une forte expérience dans le domaine permet alors de diagnostiquer les réseaux complexes, de mettre en place des méthodes de travail optimisées, de mieux gérer la relation client, de connaître les lieux et d’effectuer avec justesse tous les gestes que ce travail nécessite. Tout cela avec un seul et même objectif qui est de réduire la pénibilité. Selon la consultante, cinq à six ans d’expérience sont nécessaires pour qu’un technicien puisse devenir autonome et polyvalent au sein de l’entreprise de traitement de déchets.

Le plan d’action

Après avoir détecté les causes de la pénibilité et de l’usure au travail, l’entreprise pourra mettre en place un plan d’action concret pour supprimer ces situations nuisibles. Parmi les lignes directrices de ce plan d’action, on cite :
– La gestion des ressources humaines
– L’identification de chaque ressource pour déterminer les matériels adaptés
– Le développement des compétences et de la polyvalence grâce à un transfert de compétences
– La mise en place d’un plan de montée en compétences
– L’optimisation de l’organisation de travail à travers l’établissement d’une fiche d’analyse de besoin chantier
– L’amélioration des relations avec les clients afin de bien déterminer leurs attentes : des fiches clients avec des photographies sont recommandées
– La mise à disposition de matériels adaptés à chaque tâche : l’achat de camion est fortement recommandé pour répondre au principe d’affectation « un camion pour une personne »
– La tenue d’un cahier de charges fournisseurs pour connaître les détails de toutes les situations de travail

Pour une prévention efficace de la pénibilité au travail, l’entreprise doit tenir compte de deux facteurs : l’accompagnement pour l’allongement de la vie professionnelle de chaque salarié tout en répondant aux exigences de productivité.