Danger industriel : un exercice grandeur nature dans le cadre du protocole Transaid.

danger industriel un excercice grandeur nature
(Dernière mise à jour : 5 janvier 2015)

En cas de menaces chimiques nécessitant les interventions et les conseils d’un spécialiste, les sapeurs-pompiers peuvent faire appel au dispositif Transaid, en collaboration avec l’Union des industries chimiques (UIC). C’est dans cette optique qu’une simulation en taille réelle a mis en scène la collision de poids lourds transportant des produits dangereux, le 25 novembre dernier sur le plateau technique de l’Ensosp à Vitrolles dans les Bouches-du-Rhône. Principale mission? Préparer les futurs officiers à affronter les différents cas d’accidents impliquant un danger chimique.

Le protocole Transaid se base sur un Partenariat Public-Privé signé il y a une vingtaine d’années entre les membres de l’UIC et la DGSCGC. C’est en mars dernier que Transaid a été actualisé : le régime des salariés en mission de sécurité civile a été simplifié.

Une mise en scène tragique.

Un cortège de camions de sapeurs-pompiers arrive sur les lieux d’un accident de la route. Il s’agit d’une collision entre deux camions citernes sur l’autoroute A3. De l’acide sulfurique, un liquide corrosif, s’échappe de la remorque du premier véhicule et des vapeurs toxiques envahissent l’atmosphère. Le corps du chauffeur reste immobile au sol. L’autre véhicule transportant de l’éthylène est moins accidenté, mais le risque d’explosion demeure.

Secourisme.

C’est à partir de son camion qui sert de poste de commandement que le Commandant des opérations de secours sollicite l’aide de la Cmic, une unité spécialisée. C’est également lui qui gère le sauvetage du blessé.

Sauver des vies est notre priorité. « Quand nos hommes arrivent sur les lieux d’un accident, ils s’engagent en premier lieu à secourir les personnes en danger. » insiste le capitaine Yves Guennegan, commandant de la simulation.

Après avoir reçu l’ordre, deux sapeurs-pompiers équipés d’appareils respiratoires isolants s’approchent de la zone de danger et mettent le blessé en lieu sûr. Il sera évacué vers l’infirmerie installé sur le site.

Risque thermique.

Un rideau d’eau est immédiatement placé à proximité du poids-lourds gravement endommagé, car sa citerne remplie d’acide sulfurique dégage une chaleur intense et risque d’exploser.

Le but est d’atténuer la chaleur qui se dégage de la citerne afin d’éviter une explosion. Par ailleurs, ce système s’empare des vapeurs toxiques diffusées par la substance et empêche leur propagation sous le vent vers les zones voisines. Des balisages sont placés autour pour sécuriser la zone.

Danger chimique.

C’est 20 minutes après le début des opérations que la Cmic entre en exercice. Une équipe d’inspection examine la citerne qui laisse échapper l’acide sulfurique pour localiser l’origine du danger.

Deux sapeurs-pompiers du Cmic installent une cuve de récupération à la source de la fuite. Équipés d’appareils respiratoires isolants et de combinaisons de protection, ils bouchent la fuite et réalisent des prélèvements qui feront l’objet d’analyses.

Pour l’instant, les intervenants se cherchent un chemin menant à la cabine du chauffeur, examinent la boite à gants et récupèrent les papiers de bord en rapport avec le transport de matières dangereuses.

Les documents recherchés sont la « fiche de sécurité » et la « lettre de voiture ». Il s’agit de documents obligatoires qui précisent respectivement l’origine des risques liés aux substances transportées et l’identification ainsi que la quantité des produits transportés.

Méthode systémique

Afin d’analyser les menaces de façon détailléee et de catégoriser efficacement les informations récoltées, la Cmic fait appel à une approche systémique. Il s’agit ici de repérer les sources et d’analyser les flux et les cibles du risque dans le but de les synthétiser. Ces données serviront d’outils de décision.

Opération Transaid

Le risque causé par la fuite est rapidement contrôlé par le Cos. Par contre, il fera appel au dispositif Transaid pour gérer les interventions sur l’autre véhicule transportant du gaz éthylène. La communication sur la zone s’effectue grâce à des terminaux Antares du géant Thales.

Transport de l’acide et torchage de l’éthylène

Pour transférer les résidus d’acide sulfurique présents dans la zone accidentée, l’entreprise Pétroinéos utilise un système formé de tuyaux et de pompes. L’acide est récupéré dans un autre véhicule poids lourds. C’est ensuite que les experts d’Air Liquide doivent faire brûler sur place l’éthylène en l’aspirant à l’intérieur d’une torché. Par souci de sécurité et afin que le gaz ne soit pas dévié par la direction du vent, un dispositif de manche à air a été mis en place. Il s’agit d’un processus très risqué et faisant face à une intense chaleur qui nécessite un autre rideau d’eau.

Bilan

L’exercice de simulation prend fin quelques heures plus tard. La zone accidentée est nettoyée et les matériels sont rangés. La formation dispensée par l’Ensosp a été une réussite. L’école nationale de sapeurs-pompiers a mobilisé son plateau technique localisé à Vitrolles pour laisser place à cette simulation grandeur nature.

Le dispositif Transaid réétudié et modifié

20 ans après sa création, le protocole Transaid n’a été revu qu’une fois le 12 mars 2014. Le règlement a été amélioré afin d’alléger le dispositif et de le rendre beaucoup plus précis pour les industriels. Cette révision incite les industriels de la chimie à participer au vaste réseau de soutien.

 

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