Fonction publique : les syndicats veulent des mesures pertinentes en matière de SST

Travailleur de la fonction publique

Une réunion s’est tenue le 7 juillet dernier pour présenter les mesures à adopter pour faire régner la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique. Même si la volonté est là, cela manque cruellement d’ambition au goût des syndicats qui demandent à avoir des mesures pertinentes et dont les résultats pourront être évalués en termes d’efficacité.

Des mesures dérisoires

Au sortir de cette réunion, les syndicats de la fonction publique se sont montrés déçus puisque les mesures proposées sont toutes du genre incitatives et ne nécessitent aucune dépense supplémentaire. Parmi elles, on peut citer :

  • L’édition d’un recueil de bonnes pratiques
  • L’organisation d’une journée annuelle dédiée à la SST
  • La mise en place de campagnes de communication thématiques concernant la prévention des risques professionnels
  • La prise en compte du respect des obligations relatives à la SST des chefs de service
  • L’élargissement des prix annuels SST au sein de la fonction publique
  • La mise en lumière des missions des inspecteurs en SST
  • L’amélioration des possibilités de recours au temps partiel thérapeutique ainsi que les dispositions se référant au fractionnement des congés pour des raisons de santé

Bref, pour eux, ces mesures sont certes nécessaires, mais ne suffisent pas pour garantir la santé et la sécurité des travailleurs.

Equipements de protection des salariés

D’autres réunions programmées

Pour rassurer les employés de la fonction publique, le gouvernement a programmé une série de quatre autres réunions axées sur :

  • La médecine de prévention
  • Le reclassement
  • La prévention de la pénibilité et l’accompagnement des carrières
  • Les instances médicales et la médecine statutaire

Selon l’Unsa, ces thèmes sont très importants pour offrir un meilleur accompagnement aux agents qu’ils soient en fin de carrière ou qu’ils prolongent leur carrière. Néanmoins, aussi importants soient-ils, les syndicats veulent du concret puisque les employeurs ont trop souvent tendance à négliger les mesures incitatives. Par « concret », ils souhaitent qu’un budget leur soit attribué pour développer la prévention primaire dans la fonction publique.

Une situation stagnante

La situation stagne d’après Christophe Godard, représentant CGT et cela ne peut plus continuer ainsi, car aucune évolution n’est constatée dans ce secteur. Et à Olivier Bouis, représentant FO de souligner que la réalité sur le terrain est d’autant plus compliquée. Il évoque, entre autres, le non-respect des réglementations comme celles relatives au Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Leur problème c’est que malgré ces manquements aux règles, le gouvernement ne s’en inquiète nullement.

Exiger des politiques publiques strictes en faveur de la prévention est donc pour eux une nécessité et cela doit commencer par l’emploi. Il faut effectivement savoir que dans la fonction publique, malgré le départ en retraite de nombreux employés, les places vacantes le restent souvent pour une très longue durée.

Intéressantes, mais peu cohérentes

Les nombreuses mesures proposées sont intéressantes pour améliorer le quotidien des employés de la fonction publique, mais aussi incohérentes avec la réalité. Les agents ne peuvent évidemment pas avancer sans supports pertinents et budget.

Pour les syndicats, le plus urgent est donc de trouver des projets efficaces qui leur permettent de développer la santé et la sécurité dans la fonction publique et ce, même s’il leur faut passer par le projet de loi « travail ».

Pour l’heure, la fonction publique peut déjà se rabattre sur l’utilisation d’équipements de protection individuelle.