France : des multinationales et un Etat porteur

France : des multinationales et un Etat porteur
(Last Updated On: 28 octobre 2014)

Au vu de la continuité de l’Etat français dans le temps, le pays serait en mesure de mettre en place une stratégie qui perdure. Avec les renouvellements dans le domaine politique, qu’il s’agisse de représentants ou de dispositifs, le chemin pris par l’Etat a été quelque peu sinueux, ce qu’illustrent d’ailleurs les impulsions de ces dernières années en matière de nationalisation et de privatisation.

Un Etat porteur attentif à ses participations

A l’heure où la 3ème réforme industrielle voit le jour, avec les technologies innovantes dans l’information, la fin du 20ème siècle a été caractérisée en France par la privatisation. Cette tendance va mettre fin à l’économie hybride, un principe français compact, pour un secteur public qui cède peu à peu ses participations au secteur privé. Au début des années 90, ce qu’on entend en France par « services publics », tels que Gaz de France, France Télécom, Air France ou Aérospatiale, est retourné au privé.

Depuis 2005 à aujourd’hui, les entreprises industrielles et financières, cotées ou non, sont regroupées dans l’ « Agence des Participations de l’Etat » (APE), une branche du ministère des finances. Actuellement, cette agence détient des actions d’EDF (84.5%), d’ADP (50.6%) ainsi que d’autres actions minoritaires.

De ce fait, de nombreuses sociétés industrielles, telles que EDF, Safran, Areva ou encore Thalès, sont sous le contrôle de l’APE. Par ailleurs, elle gère des participations au sein d’autres grandes entreprises comme Orange, Airbus et Renault, sans pour autant suivre des théories actionnariales concrètes ni de stratégies durables.

Dans les domaines de l’Aéronautique, l’Energie (notamment Alstom) et la Défense, activités de souveraineté, il devrait y avoir un statut bien déterminé, ce qui n’est pourtant pas le cas. En effet, en termes de contrôle des actions, l’Etat français est plutôt dans une position inverse à celle des Etats-Unis où les activités de Défense sont presque du ressort exclusif des pouvoirs publics, ou à celle de la Russie où l’Etat contrôle le domaine de l’industrie de Défense, ce qui empêche toute immixtion étrangère.

En France, quelle que soit la couleur politique, il semble que les pouvoirs publics mettent des bâtons dans les roues de l’industrie française, laissant libre cours à un marché ouvert.

Ainsi, Alstom, qui est en première ligne, est un des groupes de renom qui ne figurent pas dans ceux pour lesquels la France est stratège.

Recul progressif dans les activités industrielles

Pour la France, la disparition progressive des activités industrielles est d’abord due à l’amoindrissement des productions et du recul en termes de compétitivité, notamment par rapport aux Etats-Unis et à l’Allemagne. Ainsi, en France, la part de PIB du secteur industriel n’est plus que de 12.5%, ce qui place l’Hexagone à la 15ème place parmi les pays de l’UE.

Par ailleurs, les sociétés en France qui font un moindre investissement dans la nouveauté, représentant 1.39% du PIB en 2009, par rapport aux firmes allemandes ou américaines (2% du PIB), sont dans la moyenne en termes de gamme et n’ont donc pas d’atout pour concurrencer au niveau mondial.

En outre, les bénéfices du secteur industriels ont reculé de presque 9% entre la fin du 20ème siècle et l’année 2012. Devant ce statu quo qui tire la sonnette d’alarme, le gouvernement français vient d’opter pour une baisse des impôts des entreprises d’un montant de 36 milliards d’euros, répartis dans le temps, dans le but d’inverser le processus de désindustrialisation. Dans un contexte où le travail non qualifié coûte cher et les bénéfices enregistrés par l’industrie s’effondrent, cette décision est plutôt la bienvenue.

Les multinationales de la France et sa favorisation de l’économie nationale

En France, les épargnants ont eu la capacité d’être des porteurs stables d’entreprises nationales avec les fonds de pension, sans pour autant faire de concession sur les modes de répartition et ce, grâce uniquement à un financement par capitalisation. Actuellement, il est plus qu’urgent que les épargnes des citoyens français soient ré-axées vers des sociétés productives, car le quota des non-résidents dans les firmes françaises a augmenté de 38% entre 1980 et aujourd’hui. Ce taux reste d’ailleurs l’un des plus élevés au sein des pays industriels, plaçant ainsi la France devant la Grande Bretagne et les Etats-Unis.

Par ailleurs, presque 50% des entreprises du CAC 40 possèdent un capital éparpillé, ce qui rend l’acquisition par offre publique d’achat plus facile (comme pour le cas de Gemalto, Legrand ou Total). A l’inverse, LVMH et Bouygues verrouillent leur capital.

Avec l’achat-vente des multinationales, ces groupes français n’ont plus leur identité nationale, alors qu’ils font plus de 80% de chiffres d’affaires et on ignore ce qu’il advient des investissements fructueux et des profits récoltés en dehors du territoire français. Pour ces multinationales, presque la moitié du capital appartient à des étrangers et 90% des groupes se situent hors de la France. En outre, les systèmes de management se rapprochent de plus en plus du style anglo-saxon.

De ce fait, l’identité française n’est plus qu’une histoire ancienne mais l’Etat est intervenu pour sauver Alstom en 2004, avant que sa participation ne soit cédée à Bouygues, puis PSA qui s’est finalement concentré sur l’Orient.

En outre, des sièges sociaux de grands groupes dans lequel l’Etat gère des participations (Renault, Nissan, Airbus, Gemalto) ont été transférés à Amsterdam pour des motifs d’ordre fiscal, mais aussi pour l’efficacité de l’administration dans cette ville, où les politiques interfèrent peu avec les entreprises.

Récemment, l’Etat a tergiversé pour le cas d’Alstom, hésitant entre la privatisation ou non, pour décider finalement en 2006, suite à une recapitalisation, de céder ses 21% d’actions à Bouygues qui est aujourd’hui devenu actionnaire principal. Les TGV de la SNCF sont issus du monopole d’Alstom, la SNCF étant exclusivement dépendante des pouvoirs publics.

Dans cette conjoncture, le fait que les pouvoirs publics traînent des pieds dans les engagements politiques concernant la vente de ses activités en Energie n’est pas étonnant, concernant le cas d’un grand groupe industriel français qui compte près de 18000 salariés en France. Cependant, cela dévoile le recul général de la filière de l’industrie.

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