Handicap au travail : pourquoi il faut le déclarer

(Last Updated On: 19 juillet 2016)

La loi sur le handicap de 2005 a, semble-t-il, réussi à introduire le handicap dans le monde du travail.  Cependant les mentalités n’ont pas évolué au même rythme que les mesures prises. Pour cause : les travailleurs sont encore trop nombreux à vouloir taire leur handicap et leur entourage se borne à ne pas le voir ou à ne pas vouloir le voir. Un problème qui persiste dans les deux sens et pourtant, savoir les reconnaître et les dévoiler se révèle bénéfique deux camps.

Un enjeu économique important

Dans 85 % des cas, le handicap ne se voit pas au premier coup d’oeil .

Selon les études, 10 à 15 % des Français en souffrent, mais font néanmoins tout pour le cacher parfois par honte et par peur du regard des autres. Il s’agit-là d’un frein qui semble aujourd’hui encore insurmontable, mais que pourtant, les employeurs et les travailleurs doivent abolir pour optimiser leur performance économique.

En effet, tenir compte du handicap permet d’effacer le tabou que l’on dresse autour du sujet et d’ensuite, réaliser que des solutions existent. Des solutions gratuites et qui permettent en plus à l’entreprise d’économiser de l’argent et d’optimiser sa performance économique.

Comment ?

La loi oblige les entreprises de plus de 20 salariés et de plus de quatre ans d’existence à compter au moins 6 % de travailleurs handicapés. En cas de manquement à cette règle, la société devra verser une contribution financière à l’Agefiph ou au FIPHPF d’un montant équivalent à 400 ou 600 SMIC horaires bruts, soit entre 3 868  et 5 802 euros et ce, de manière annuelle et par personne manquante.

Mettre en place les aménagements nécessaires permet également aux employés qui développeraient un handicap suite à un accident ou une maladie professionnels de conserver leur emploi et de continuer à travailler dans de bonnes conditions

Quels sont ces aménagements ?

Le choix est vaste. Aménagements d’horaires, réaménagement du poste de travail en fonction du handicap du travailleur, mise en place de télétravail, acquisition de matériels adéquats comme des prothèses auditives ou des fauteuils ergonomiques, mise en place de transports alternatifs, accompagnement vers une reconversion professionnelle, … L’entreprise a de nombreuses options et même si certaines d’entre elles nécessitent un investissement financier, le montant à dépenser peut être déduit du montant dû à l’Agefiph ou financé par le budget de l’accord d’entreprise.

Une meilleure productivité des salariés

Pour une entreprise, améliorer la productivité est un défi quotidien. En incluant des personnes handicapées dans son personnel et en reconnaissant le handicap de ses travailleurs, elle aura des aménagements à faire, certes, mais des aménagements pouvant accroître le bien-être et la santé de ces travailleurs. Qui dit bien-être et santé dit meilleure productivité puisque cela va réduire les coûts relatifs aux accidents de travail et améliorer la performance des salariés. L’entreprise a donc tout à y gagner.

Il en va de même pour les salariés dissimulant un handicap, puisqu’en faisant leur « coming-out », ils bénéficient d’un poste de travail adapté et peuvent garder leur emploi plus longtemps.

Le caractère responsabilité sociale ne devrait donc pas être la seule raison qui devrait motiver la prise en compte d’un handicap.

Une baisse des maladies professionnelles et accidents de travail

Quand un employé déclare son handicap et que l’entreprise le reconnaît, l’amélioration des conditions de travail s’ensuit logiquement. Cela permet de réviser les postes de travail, d’identifier les freins ou les risques et d’y remédier

Miser sur la communication

La communication est une condition indispensable pour faire évoluer une entreprise. Pour qu’elle soit performante, elle doit se faire dans les deux sens. Les travailleurs doivent communiquer sur leur handicap et les employeurs doivent les informer des solutions possibles pour améliorer leur situation.

Il est vrai que dévoiler un handicap n’est pas toujours simple, mais les entreprises doivent être à l’écoute de leurs salariés et les accompagner selon leur situation personnelle.

Quand des aménagements sont possibles, les employeurs doivent d’abord en discuter avec les personnes concernées et ne rien leur imposer. Leur réalisation ne devra être faite qu’après accord de ces salariés pour éviter les malentendus.

Enfin, toujours en termes de communication, l’entreprise doit montrer à ses collaborateurs qu’elle est prête à accompagner tous les travailleurs souffrant d’un handicap. C’est une manière de les encourager à faire leur coming-out et de leur assurer que même en le dévoilant, ils garderont leur emploi et mieux encore, qu’ils verront leurs conditions de travail améliorées.

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