La santé au travail : les idées reçues qu’il faut chasser

cinq idees recues sur la sante au travail
(Last Updated On: 23 février 2015)

Depuis quelques années, le gouvernement fait de la santé au travail une priorité et ce, parce qu’elle garantit rentabilité et pérennité. Autrement dit, si elle est aussi promue, c’est avant tout parce qu’il y va de l’amélioration de notre économie. Lorsqu’on parle de santé au travail, le stress, la pénibilité, l’absentéisme ou le mal-être sont les principaux fléaux contre lesquels nous nous battons chaque jour. Le principe du système est donc d’éradiquer ces maux et les remplacer par le un plus grand bien-être au travail (BET) et une meilleure santé et sécurité au travail (SST), Pour que leur mise en place soit efficace, il faut bannir quelques idées reçues sur la santé au travail.

Le travail entraîne du stress

Nous sommes nombreux à penser que le travail est la principale source de stress, or cela est totalement faux. On reconnaît que l’évolution du monde du travail a contribué à l’apparition et à l’intensification du stress. Seulement, d’après l’enquête menée par l’EU-OSHA (agence européenne pour la santé et la sécurité au travail), seuls 22 % des travailleurs européens souffrent du stress à cause du travail. Autrement dit, plus de 75 % du stress chez les salariés est lié à des problèmes personnels. Selon quelques études, chez la majorité des gens, le stress est surtout dû à l’inactivité et lorsque ces personnes trouvent un emploi ou une occupation, le stress diminue considérablement.

Environnement « fun » rime avec salariés motivés

La majorité des employés pense qu’avoir un environnement de travail « fun » leur permettraient d’être plus motivés : encore une fausse idée reçue.

Dans ce contexte, il faut faire la différence entre « fun » et « bonheur ». Avoir un environnement de travail « fun » ne donne pas forcément naissance à des salariés plus productifs. Ce qu’il faut, ce sont des salariés « heureux ».. Selon une étude menée en 2013 par l’observatoire Actineo concernant la qualité de vie au bureau, un salarié n’est heureux que s’il trouve du plaisir dans son travail et un sens à ce qu’il fait. Un facteur non négligeable puisqu’il permettrait d’augmenter de 12% la productivité d’un salarié.

Un fort taux de présence signifie que l’entreprise va bien

Ce n’est pas parce que tous les salariés répondent présent chaque jour que l’avenir de votre entreprise est assuré.

En effet, selon une étude menée au Royaume-Uni en 2009, les jours perdus relatifs au présentéisme est sont 1,5 fois plus importants que ceux relatifs à l’absentéisme.

En effet, même si l’employé est présent physiquement, il peut avoir l’esprit ailleurs à cause de problèmes personnels, d’épuisement physique ou psychique, d’une démotivation…

Cela peut causer plus de dégâts que l’absence physique comme des erreurs ou des accidents plus ou moins graves.

cinq idees recues sur la sante au travail

Avoir un bon salaire est plus important que la SST et le BET

La majorité des gens pense qu’avoir un bon salaire est plus important qu’avoir de bonnes conditions de travail. Encore une fois, cela est totalement faux.

L’observatoire Actineo de la qualité de vie au bureau a montré en 2013 que les salariés aspirent à un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée pour atteindre l’épanouissement personnel. L’étude a donc prouvé que le salaire est un facteur peu déterminant et qu’il se place en troisième place après l’intérêt du travail et la qualité de vie au travail.

De ce fait, penser qu’un bon salaire suffit à éradiquer un environnement de travail malsain est une erreur.

La mise en place d’une démarche SST est une dépense de plus pour l’entreprise

C’est notamment à cause de cette idée reçue que plusieurs chefs d’entreprises hésitent à mettre en place des mesures de prévention SST. Il ne s’agit pourtant que d’une idée reçue.

Mettre en place des mesures préventives est coûteux, mais il ne s’agit pas d’une dépense inutile. Il faut plutôt le considérer cela comme un investissement avec un retour de 2,20 euros sur chaque euro investi dans le projet et ce, par année et par salarié. C’est une étude internationale qui a établi ce gain.

L’INRS a ajouté que l’absence de mesures préventives coûte plus cher que cet investissement. En effet, selon l’institut, le coût social du stress lié au travail a été estimé entre deux à et trois milliards d’euros en 2007 et le phénomène prend de l’ampleur.

De ce fait, quitte à perdre de l’argent, l’entreprise devrait opter pour la méthode qui lui rapportera le plus sur du long terme, à savoir la prévention.

 

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