Les conséquences de l’absentéisme : méconnu des communes

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(Dernière mise à jour : 12 janvier 2015)

Le taux d’absentéisme indique le nombre de personnes absentes au sein d’une entreprise privée ou publique, pour cause de maladie par exemple. Tous les employeurs y sont confrontés et malheureusement, ce taux ne semble pas les alerter pour autant, surtout dans le secteur public.

Le taux d’absentéisme dans le public

Dans le secteur privé, les employeurs commencent à s’intéresser au taux d’absentéisme de leurs salariés, mais dans le public, il s’agit d’un sujet banal qui ne semble pas alerter les responsables. Le Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT) a d’ailleurs mené une étude à ce sujet et les résultats ont confirmé cette hypothèse.
Et pourtant, dans le secteur public, le taux d’absentéisme est encore très élevé avec 8,43 % en 2012 soit environ 23 jours d’absence en moyenne chez les agents titulaires.
Ce taux s’est d’autant plus renforcé depuis que le jour de carence a été abrogé au début del’année 2014.

Le jour de carence abrogé

On appelle « jour de carence », le premier jour qui suit un arrêt maladie. Dans le secteur public, on ne compte qu’un seul jour de carence, mais dans le privé, on en compte trois. Selon la loi, ce jour de carence qui suit un arrêt-maladie est non rémunéré. Depuis le 1er janvier 2014, cette loi a toutefois été abrogée ce qui a multiplié les absences surtout dans le public.
Pour Emmanuel Gros, Directeur général des services de la mairie de la Roche-sur-Yon (85), la polémique que cette abrogation a suscitée est justifiée surtout pour les dirigeants d’entreprises. En effet, ces derniers en subissent directement les conséquences, car une absence coûte cher et cela, les communes n’en tiennent pas compte.

Les facteurs d’absentéisme

Pour mieux comprendre ce taux d’absentéisme et trouver des solutions efficaces, le SNDGCT avec la collaboration du cabinet conseil CTR a mené une enquête intitulée « Les communes face à l’absentéisme ». Les raisons des absences ont été au cœur de l’étude et les résultats ont affiché que :
– 93 % étaient liées à la maladie ordinaire relative à deux facteurs : l’âge et la pénibilité au travail
– 45 % étaient liées aux accidents de travail
Face à ce nombre élevé d’absences, les collectivités sont invitées à s’interroger sur leur politique de prévention des risques professionnels et de la pénibilité au travail.

Les conséquences de l’absentéisme

Cette étude a permis d’évaluer le coût de l’absentéisme au sein des communes. Toutefois, le plus gros choc pour Emmanuel Gros a été de découvrir que les salariés méconnaissent totalement les conséquences financières de leur absence répétée.
Un chiffre national estimait que les absences coûtaient dans les 2 000 euros par jour et l’enquête a trouvé 2,5 % de la masse salariale. Des sommes considérables, mais qui n’alertent toujours pas les communes. Ces dernières classent d’ailleurs cette perte à la quatrième position des impacts importants. Le coût d’absentéisme passe donc après la désorganisation des services, la surcharge de travail en interne et les conséquences négatives sur les agents présents.

Ce qu’il convient de faire pour éveiller l’attention

La méconnaissance de l’absentéisme et l’abrogation du jour de carence accroissent chaque année le coût des absences au sein des entreprises publiques. Pour freiner ce phénomène, Emmanuel Gros avance quelques solutions :
– Organiser plus d’enquêtes d’envergure nationale pour avoir plus d’informations
– Accompagner les communes dans la mise en place d’actions de prévention, car malgré l’existence de quelques projets, ils ne suffisent pas pour éradiquer l’absentéisme. De plus, toutes les communes n’ont pas adopté de mesures préventives.

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