Les protections auditives : quels modèles choisir pour quelles circonstances ?

la protection auditive
(Dernière mise à jour : 19 novembre 2014)

Les protections auditives figurent aujourd’hui parmi les équipements de protection individuelle les plus recommandés aux travailleurs œuvrant dans un milieu bruyant.


À quoi servent-ils ?

Comme leur nom l’indique, les protections auditives servent à protéger notre ouïe contre les bruits trop puissants. Il faut effectivement souligner que les bruits, quelles que soient leur nature et leur provenance occasionnent des gênes désagréables, voire agressives pour notre oreille interne. Ces gênes sont présentes dès que l’on a affaire à un bruit permanent ou intermittent et dont les conséquences peuvent être graves voire irréversibles à partir de 140 décibels (dB).

L’oreille interne : un organe fragile ?

Oui, l’oreille interne est très fragile, car elle se compose de milliers de cellules ciliées hautement sensibles aux bruits. Ces cellules ciliées forment ce qu’on appelle le « capital auditif ». Lorsque cette partie de l’oreille, située derrière le tympan, est exposée à des bruits aigus, brutaux, prolongés ou excessifs, les cellules ciliées sont détruites de manière irréversible. La surdité s’installe alors d’où la nécessité de porter des protections auditives lorsqu’on travaille dans un environnement bruyant. Soulignons que depuis l’année 1963, la surdité a été reconnue comme une maladie professionnelle et de nos jours, quelques 750 cas de surdités professionnelles sont déclarés en France.

Qui doit porter des protections auditives ?

Tous les travailleurs exposés à des bruits répétés et agressifs doivent porter des protections auditives, toutefois, leur forme dépendra des valeurs d’exposition. Il faut alors savoir que :
– Les foreurs (dans le BTP) sont quotidiennement soumis à 95 dB
– Les salariés utilisant des marteaux-piqueurs à 115 dB
– Les agriculteurs à 80 dB
– Les carrossiers à 102 dB
– Les menuisiers, ouvriers de la fonderie, du textile ou du plastique à 105 dB
Le choix du matériel de protection dépendra alors de ces valeurs d’exposition et des besoins liés au poste (communication avec les autres ou personne totalement isolée).

Les employeurs sont-ils obligés de fournir des protections auditives à leurs salariés ?

D’une manière générale, les employeurs doivent équiper leurs salariés de protections auditives dès qu’ils doivent travailler dans un environnement bruyant, mais les mesures qu’ils doivent prendre vont aussi dépendre des valeurs d’expositions. Si les travailleurs sont exposés à un bruit de plus de 80dB, l’employeur doit obligatoirement leur fournir des protections auditives. Si cette valeur dépasse les 85 dB, l’employeur ou le responsable de l’équipe doit contrôler minutieusement que l’appareil est porté correctement.
Ces mesures ont été prises, car en France, on estime à 18 % le nombre des salariés t soumis quotidiennement à des nuisances sonores.

Que faire pour se protéger des bruits ?

Depuis que la surdité a été déclarée comme pouvant être une conséquence d’un environnement de travail bruyant, de nombreuses mesures pour atténuer les bruits ont été adoptées par les entreprises pour lutter contre les nuisances sonores. On cite par exemple l’isolement acoustique des locaux de travail, l’encoffrement des machines bruyantes, la réverbération des locaux ou encore l’application des mesures collectives anti-bruit. Ces méthodes sont les premières à être recommandées aux employeurs et puisqu’elles ne sont pas toujours efficaces selon le poste occupé, les équipements de protection individuelle contre les bruits ont été créés.

Quels sont les meilleurs équipements de protection individuelle contre les bruits ?

– Le casque :

Le casque de protection est aujourd’hui utilisé dans de nombreux domaines, toutefois, il faut savoir que même si ce matériel est très efficace (protection immédiate et complète), il présente quelques inconvénients. En plus d’être encombrant, il isole totalement le travailleur du milieu extérieur. C’est certes le but de son port, mais cela peut aussi entraîner des accidents. Le travailleur, n’entendant rien, peut par exemple se faire percuter par un objet ou un camion sur son lieu de travail et ce, même si ses collègues l’ont averti. Le problème dans cet exemple, c’est que le travailleur n’a pas entendu et le bruit du camion se rapprochant et les cris de ses collègues pour l’avertir. Il n’est donc recommandé que si le travailleur œuvre sur un milieu sans autre danger et s’il n’a pas besoin de communiquer avec ses collègues.

– Le bouchon d’oreille :

Il se décline sous en différentes matières. Les modèles les plus utilisés sont les bouchons d’oreilles en mousse qui sont, de plus, bon marché, mais ils qui ne tiennent pas bien dans l’oreille. Leur utilisation est également assez courte, car généralement, ils sont prévus pour n’être utilisés qu’une seule fois .
Le bouchon d’oreille en silicone est donc la meilleure alternative surtout s’il est créé sur mesure. En Hollande, ces équipements sont déjà utilisés à 70 % contre seulement 20 % en France. Leur concept : s’adapter parfaitement à la forme de l’oreille pour un bon maintien et se doter de filtres sélectifs pour continuer à entendre sans que les bruits nuisent à l’oreille interne. Pour ce faire, les filtres ont été conçus pour atténuer certaines fréquences précises. Certains atténuent donc les aigus tandis que d’autres atténuent les sons graves.

Résultat : ces bouchons d’oreilles à filtres laissent rendent les conversations possibles tout en atténuant les fréquences extrêmes dangereuses pour l’oreille interne. Les fréquences situées entre 4 000 et 8 000 hertz sont celles qu’ils atténuent en priorité.
Les bouchons d’oreilles en silicone et à filtres sélectifs sont donc adaptés aux personnes travaillant dans des zones bruyantes, mais qui doivent rester en contact avec leur entourage.
– Pour les travailleurs dont la communication reste importante, il existe aussi des dispositifs brevetés composés de deux bouchons d’oreille entre lesquels sont placés des microphones reliés à un boîtier de communication. Ce boîtier est, lui, relié à un téléphone ou à une radio ce qui permettra au responsable de fournir des ordres très précis à l’employé.

Quand les salariés doivent-ils porter les protections auditives ?

Les protections auditives doivent être portées durant toute la durée d’exposition au bruit. Autrement dit, le salarié n’est pas censé ôter la protection même pour cinq minutes. En effet, aussi court que soit le temps d’exposition, il reste dangereux pour l’oreille interne. De ce fait, en plus de fournir des équipements de protection individuelle aux travailleurs, les employeurs doivent aussi les sensibiliser et les former pour une utilisation efficace.

L’utilisation de ces appareils est-elle rentable pour l’entreprise ?

Les meilleurs appareils sont indiscutablement le bouchon d’oreille en silicone sur-mesure et le dispositif intra-auriculaire avec microphone. Toutefois, ils sont onéreux et les petites entreprises sont alors obligées d’opter pour les casques et les bouchons d’oreille en mousse. Il faut néanmoins savoir que même si les deux premiers appareils sont onéreux, votre investissement sera amorti en deux ans avec des bouchons d’oreille en silicone étant donné qu’ils ont une longévité de quatre ans contre quatre mois et quelques heures pour le casque anti-bruit et les bouchons en mousse. Si l’on demandait l’avis d’un médecin, ce dernier vous orienterait inévitablement vers les bouchons en silicone donc réfléchissez-y bien avant d’investir. Le salarié sera-t-il obligé de porter la protection pendant plus de deux ans ? La valeur d’exposition nécessite-t-elle l’emploi du bouchon en silicone ?

Comment reconnaître une protection auditive efficace ?

Il existe aujourd’hui sur le marché de nombreuses déclinaisons de protections auditives. Toutefois, elles ne sont pas toutes efficaces et pour faire un investissement bénéfique, sachez qu’il est possible de reconnaître les bonnes protections des mauvaises. Comment ? En se référant aux certifications ou à la valeur d’affaiblissement de l’appareil. Pour ce second critère, nous vous recommandons trois méthodes infaillibles :
– Le test d’étanchéité : il est rapide et consiste à mesurer l’éventuelle fuite d’un bouchon. Ce test ne donne toutefois aucune information concernant l’affaiblissement de l’appareil.
– La mesure des seuils d’audibilité : elle consiste à mesurer la perception du sujet avec et sans appareil de protection. La valeur d’affaiblissement est par la suite déduite de ces deux valeurs ce qui rend cette méthode assez complexe. Elle permet néanmoins de tester toutes les protections auditives appartenant à la catégorie des bouchons.
– La technique MIRE50 ou Microphone In Real Ear. L’appareil est ici doté de deux microphones : l’un extérieur et l’autre intérieur. La valeur d’affaiblissement sera déduite par l’écart de mesure entre ces deux microphones durant la génération d’un bruit blanc.
Aussi, il faut noter qu’en dehors de ces méthodes tests, une protection auditive performante est certifiée par le label CE ou la norme EN 352.

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