Maladies professionnelles : le cas du cancer d’un docker reconnu

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(Dernière mise à jour : 26 février 2015)

Jean-Luc Chagnolleau travaillait au port de Nantes Saint-Nazaire. Suite à un cancer de la thyroïde et du rein, il décède en 2011. Ce n’est que trois ans plus tard que la justice reconnaît que les produits toxiques et les poussières respirés durant toutes ses années de travail ont joué un rôle déterminant dans sa mort.

Dans la ville de Nantes, le TASS ou Tribunal des affaires de sécurité sociale s’est penché vendredi dernier sur le cas d’un employé du port de Nantes Saint-Nazaire décédé d’un cancer en 2011 à 56 ans. La cause du décès a été reconnue comme étant une maladie professionnelle. La justice a ainsi considéré que « l’exposition à maintes reprises à des produits toxiques et cancérigènes et aux poussières du défunt, mort en septembre 2011 d’un cancer de la thyroïde et du rein, a eu un impact direct et fondamental dans l’apparition progressive de sa maladie ». Cette exposition aurait eu lieu dès le début de son emploi en 1975.

Le président de l’Association pour la protection de la santé au travail des professions du port Serge Doussin a indiqué que reconnaître le cas de Jean-Luc Chagnolleau comme étant une maladie liée au travail est considéré comme une « grande première dans le travail de manutention. Il s’agit d’une résolution qui va faire droit ». Le plaideur a lancé un procès en 2007 à la CPAM ou Caisse Primaire d’Assurance Maladie de la Loire-Atlantique pour que sa maladie cancéreuse soit acceptée comme une maladie liée au travail. Son décès étant survenu, la famille du défunt avait réquisitionné le Tass.

 

Des céréales et du bois pesticides

L’avocate de la famille du défunt, Me Véronique Aubry, a souligné que c’est encore difficile de faire admettre des maladies liées au travail qui ne sont pas classifiées dans les tableaux. Elle a honoré une « progression légale » qui peut « accepter de faire évoluer les lignes sur d’autres grands ports mondiaux ». Serge Doussin a précisé que depuis que le cas des dockers a été reconnu, le souci de l’Association dont il est président est que la santé des manutentionnaires et des autres employés portuaires soit conservée. Il a ajouté qu’un taux inhabituellement important de maladies cancéreuses a été observé auprès des dockers travaillant au port de Nantes Saint-Nazaire.

L’organisation a financé une étude qui date de juin 2014 et qui a servi d’appui au dossier lors du procès. Cette étude a été accomplie par des experts en sociologie et par des médecins du travail. Elle fait la relation entre les marchandises toxiques que l’on retrouve dans les chargements et les déchargements effectués par les dockers du port de Nantes Saint-Nazaire, en particulier les céréales qui sont traitées avec des pesticides, les bois traités aux fongicides et les maladies recensées chez les employés du port.

 

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