Milieux de soins : les risques auxquels les salariés sont exposés

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(Last Updated On: 26 janvier 2015)

On entend par milieux de soin les hôpitaux, les établissements de santé, les maisons de retraite médicalisées et les centres médico-sociaux. Au sein de ces bâtiments, les salariés sont quotidiennement exposés à de multiples risques professionnels. Quels sont ces risques et quels sont les moyens mis en œuvre pour y remédier ?

Les risques professionnels

Ce terme regroupe de nombreux facteurs qui nuisent à la santé et au bien-être du personnel dans les milieux de soins.

Les TMS

Ce sont les troubles musculo-squelettiques qui sont surtout causés par des conditions de travail difficiles. On cite les travaux en urgence, les contraintes horaires, la manipulation de substances chimiques, les gros efforts fournis, les contraintes psychologiques, … Il faut noter que la première cause des TMS est l’adoption de postures fatigantes et répétitives. Selon les enquêtes, 1 soignant sur 5 souffrirait de sciatique avant 45 ans ce qui les oblige à partir en retraite plus tôt.

Les RPS

Ce sont les risques psychosociaux qui sont également entraînés par de mauvaises conditions de travail. Selon l’enquête SUMER effectuée en 2003 par l’Inspection médicale du travail et la Dares, ce sont surtout les personnels soignants non médicaux des hôpitaux, c’est-à-dire les aides-soignants et les infirmiers (majoritairement de sexe féminin) qui en souffrent. Ces salariés sont les plus exposés aux différentes contraintes dans les hôpitaux (horaires et organisationnelles) et ils sont également soumis aux agressions verbales ou physiques de la part des patients ou de la famille des patients. Puisque leur poste exige une forte demande psychologique, ces travailleurs se retrouvent souvent dans une situation dite « job-strain » (forte demande psychologique combinée à une faible latitude) qui peuvent nuire à leur santé. Il faut aussi savoir, qu’avant les autres salariés de ces milieux de soin, les infirmiers sont les plus exposés aux risques chimiques, cancérogènes et aux radiations.

Comment se traduisent les RPS ?

Les RPS figurent parmi les risques professionnels les moins connus jusqu’à aujourd’hui. Ils se traduisent souvent par un sentiment de mal être chez le salarié et ce sentiment peut avoir différentes causes.

Quelles sont les causes des RPS ?

Elles sont multiples et peuvent varier d’un individu à l’autre. Globalement, on cite les surcharges de travail, les pertes de repères, les conflits de valeur, les contraintes de temps et d’organisation, l’absence de sens au travail, …

Quelles sont les formes courantes de RPS ?

Il faut savoir que le terme RPS regroupe plusieurs sentiments de mal être. Toutefois, pour essayer d’y remédier et d’aider les travailleurs, ils ont été classés en trois différentes catégories. Chaque catégorie a été définie par les accords nationaux interprofessionnels. Ainsi, ces trois catégories sont :
Le stress : « état survenant lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face »
La violence au travail : « toute action, tout incident ou tout comportement qui s’écarte d’une attitude raisonnable par lesquels une personne est attaquée, menacée, lésée ou blessée dans le cadre ou du fait de son travail »
Le harcèlement moral : « agissements répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits du salarié et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel »
L’accord national interprofessionnel permettant de définir le stress date du 8 juillet 2008 et du 26 mars 2010 en ce qui concerne le harcèlement et la violence au travail.

Quelles sont les conséquences des RPS ?

Les RPS ont des effets ravageurs sur santé des travailleurs. Ils peuvent être :
– Physiques tels que la fatigue, les douleurs, la perte d’appétit, les troubles de sommeil, …
– Émotionnels tels que la sensibilité excessive, l’angoisse, le mal être, l’irritabilité, …
– Comportementaux tels que l’isolement, l’agressivité, …
– Intellectuels tels que perte de mémoire, difficultés à se concentrer sur son travail ou à prendre des initiatives, …
Ils peuvent également entraîner diverses maladies comme les TMS, la dépression, les AVC, les crises cardiaques… Si les RPS ne sont pas rapidement traités, ils peuvent pousser jusqu’au suicide de la personne. C’est pour cela qu’on attire aujourd’hui l’attention sur les mesures préventives contre ces risques psycho-sociaux.

Les déterminer pour trouver la meilleure solution

Selon les professionnels, il convient de mieux déterminer les RPS pour trouver la meilleure prévention à adopter au sein du lieu de travail. Différents organismes se sont donc penchés sur le sujet à savoir l’ANACT et la DARES.
Pour l’ANACT, il faut mener l’analyse en se basant sur quatre points différents à savoir :
Les exigences du travail et son organisation : prévisibilité, pression temporelle, autonomie dans le travail, exigences émotionnelles, …
Les changements du travail : réorganisation du service, nouvelles technologies, …
Les valeurs et attentes des salariés : conflit d’éthique, conciliation entre vie professionnelle et vie privée, …
Le management et les relations de travail : qualité des relations entre collègues et avec la hiérarchie : soutien social, rémunération, …
Quant à la DARES, elle s’est basée sur six points pour définir les RPS à savoir :
Les exigences du travail : pression, surcharge de travail, complexité du travail, …
– Les exigences émotionnelles : peur, agressions, …
Les conflits de valeurs : valeurs personnelles, acceptation ou non des normes professionnelles, …
L’insécurité de l’emploi et du travail : peur de devoir changer de poste, de perdre son emploi, …
Le manque de soutien social ou de reconnaissance au travail : soutien des supérieurs et collègues, entraide entre les collègues, …
Le manque d’autonomie et de marge de manœuvre : job-strain, impossibilité de prendre des initiatives ou de donner son avis, …

Comment prévenir les RPS ?

Dans le cadre de la sécurité et la santé au travail, la prévention des RPS s’avère aujourd’hui être une priorité pour tous les milieux de soins et tous les secteurs d’activités. Pour ce faire, il est aujourd’hui recommandé que l’employeur intègre ce risque dans le Document unique au même titre que les autres risques. Ainsi, à chaque problème rencontré, il faudra définir les actions à entreprendre selon les trois niveaux de prévention établis qui sont :
– La prévention primaire : lutter contre le risque depuis la source
– La prévention secondaire : gérer les risques existants
– La prévention tertiaire : prendre en charge les travailleurs

Les risques biologiques

Il faut savoir que les salariés travaillant dans les milieux de soins et le secteur santé-action sociale sont quotidiennement exposés à des risques biologiques que ce soit durant les soins en question, durant les travaux en laboratoire ou pendant la gestion des déchets.
Pour mieux encadrer les risques, le Code du Travail les a classés en quatre groupes à savoir :
– Groupe 1 : agents biologiques qui ne risquent pas de provoquer une maladie chez l’homme
– Groupe 2 : agents biologiques qui peuvent causer une maladie chez l’homme et représentent donc un danger pour les salariés
– Groupe 3 : agents biologiques représentant un sérieux danger pour l’homme et qui peut le rendre gravement malade
– Groupe 4 : agents biologiques qui entraînent des maladies graves chez l’homme et qui constituent un réel danger pour les salariés

Comment se présentent les agents biologiques ?

Ces agents peuvent prendre diverses formes. Ils peuvent être des bactéries, des virus, des prions, des champignons, des endoparasites humains, des agents transmissibles ou des micro-organismes.

Quelles sont les conséquences des agents biologiques ?

Selon cette classification, les agents biologiques du groupe 1 ne sont pas vraiment dangereux pour l’homme. Quant aux trois autres classes, il faut faire attention dans leur manipulation pour éviter les risques. Pour connaître ces agents biologiques dangereux, l’arrêté du 30 juin 1998 a été spécifiquement conçu pour en dresser la liste.
Il faut savoir que le contact avec l’un de ces agents peut causer une infection, une intoxication ou une allergie.

Quels sont les modes de contamination possibles ?

Les agents biologiques peuvent contaminer l’homme de diverses manières. Les principaux modes de contamination connus sont :
– La voir aérienne
– La voie digestive
– L’inoculation accidentelle
– La pénétration par contact physique (via la peau et les muqueuses)

Comment prévenir les risques biologiques ?

Si vraiment, il est impossible de prévenir l’exposition à ces agents biologiques, l’employeur devra réduire au maximum les risques à travers des mesures de protection collectives et/ou individuelles. Pour déterminer la mesure à adopter, sachez qu’on en cite trois formes à savoir :
– Les moyens de prévention organisationnels et techniques
– L’information et formations aux risques biologiques
– La réduction de l’exposition du personnel et la mise en place de suivi médical

Les accidents de plain-pied

Ce terme regroupe les pertes d’équilibre, les chutes, les glissades, … Ces accidents sont très courants dans le secteur médico-social et sanitaire et les causes en sont multiples. Ces accidents figurent aujourd’hui parmi les risques qu’il faut absolument prévenir étant donné qu’ en 2011, ils ont entraîné un peu plus de 350 000 journées de travail perdues et environ 300 nouvelles incapacités permanentes. Il faut également noter que leurs conséquences peuvent être plus ou moins graves.

Quelles sont les principales causes de ces accidents ?

Les pertes d’équilibre et chutes peuvent être causées par de nombreux facteurs, mais les principaux sont les défauts d’éclairage, les sols glissants, les circuits de circulation encombrés, la co-activité, les rythmes frénétiques de travail et la présence de produits au sol.

Comment prévenir ces accidents ?

Pour prévenir les accidents de plain-pied, il suffit de prendre quelques mesures au sein de l’entreprise telles qu’utiliser les produits de nettoyage non glissants, essayer de ne pas encombrer les circuits de circulation, intégrer la prévention dans l’architecture du bâtiment, limiter les co-activités, …

Les risques relatifs aux activités physiques

Parmi les maladies professionnelles déclarées chaque année dans le secteur sanitaire, les risques liés à l’activité physique représentent 75 % des causes entraînant des arrêts de travail.

Quelles sont les causes principales pouvant exposer à ces risques ?

Trop d’efforts physiques, trop de gestes répétitifs, les gestes nécessitant une grande précision ou une forte concentration, les manutentions manuelles, les postures contraignantes, les températures extrêmes, les vibrations, les contraintes organisationnelles au travail, … tout cela expose le travailleur à ce type de risque.

Quelles sont les conséquences de ces risques ?

Elles sont multiples telles que les TMS, le traumatisme, les lombalgies, les maladies cardio-vasculaires, les accidents de travail, … Il faut noter que plus le salarié est fatigué, plus ces risques augmentent.

Comment prévenir les risques liés à l’activité physique ?

Une démarche préventive doit être mise en place au sein de l’établissement pour réduire ces risques. Cette démarche doit inclure l’organisation du travail, le développement des compétences et l’aspect technique. Pour cela, l’employeur doit essayer de minimiser les manutentions manuelles et de limiter les gestes répétitifs.

L’AES

Dans le secteur sanitaire, l’AES (accident exposant au sang) figure également parmi les risques les plus rencontrés par les personnels.

Quels sont les modes de contamination les plus rencontrés ?

Un AES peut se produire par :
– Contact avec du sang ou un liquide biologique contenant du sang
– Effraction cutanée qui peut se définir par une piqûre ou une coupure
– Projection de sang souillé sur une muqueuse ou sur une peau blessée
Les plus grands risques que présente un AES font référence à une contamination à l’hépatite B, à l’hépatite C et au VIH.

Comment prévenir ces risques ?

La circulaire DGS/DH n°98/249 du 20 avril 1998 a mis à jour les précautions de prévention de la contamination d’agents infectieux par le biais du sang ou des liquides biologiques durant les soins au niveau des établissements de santé. Les précautions préconisées sont :
– Le lavage de mains
– Le port de gants
– Le port de surblouse
– Le port de lunettes
– Le port de masque
– Les mesures concernant le matériel piquant ou tranchant : ces mesures concernent aussi bien les matériels à usage unique que les matériels réutilisables.
Il faut noter que ces précautions doivent être respectées avec tous les patients et ce, quel que soit leur statut sérologique.

Les risques liés aux CMR (substances cancérigènes mutagènes et reprotoxiques)
Les CMR représentent un sérieux risque pour la santé d’où les mesures de prévention prises à leur encontre. La prévention est d’autant plus importante que selon l’INVS (Institut national de veille sanitaire), on recense chaque année entre 11 000 à 23 000 cas de cancers d’origine professionnelle. L’application des mesures préventives est donc importante que ce soit pour le personnel médical que pour les fournisseurs et fabricants de ces produits CMR.

Quelles sont les mesures adoptées par les fabricants et les fournisseurs ?

Les fabricants et les fournisseurs doivent informer le public sur ce que contiennent les produits et sur les risques auxquels ils sont exposés avec telle ou telle manipulation. Les principales mesures préventives remarquées sont :
La FDS (Fiche de données de sécurité) :
La FDS doit être communiquée par le fournisseur du produit. Elle a pour but d’apporter des informations sur les composants, les dangers, les moyens de protection, les mesures d’urgences relatives à l’utilisation d’un produit. Il faut savoir que tous les établissements utilisant des CMR doivent avoir un inventaire de tous les produits utilisés donc doivent disposer des FDS de chaque produit.
Les précautions d’emploi:
Les fabricants doivent indiquer ces précautions sur les étiquettes des produits chimiques. Elles concernent les risques relatifs à la manipulation, l’utilisation et le rejet des produits dans l’environnement. Généralement, on retrouve dans ces explications de risques différents indicateurs pour informer le public. Ces indicateurs se présentent sous forme de lettre suivie de chiffres et chaque indicateur fait référence à un risque particulier. Il faut aussi noter que le format de l’indicateur peut varier selon qu’on utilise le système de Classification Labelling Packaging (CLP) ou les directives DSD/DPD.
Certaines étiquettes peuvent également indiquer la voie de pénétration du produit dans l’organisme, mais cette information n’est pas obligatoire.
Que faire après avoir identifié les dangers ?
Lorsque vous aurez identifié les dangers relatifs à l’utilisation du produit, vous devez vous renseigner sur les conditions d’expositions selon le nombre de personnes concernées, la durée d’exposition, la fréquence d’exposition, la nature des tâches réalisées, les modes d’émission, l’efficacité des moyens de préventions, …

Comment prévenir les risques ?

Dans la démarche préventive contre les CMR, on cite deux mesures principales à savoir :
– Eliminer le risque quand cela est possible par le biais d’un changement de technique ou la suppression de l’utilisation des produits chimiques
– Remplacer les produits les plus dangereux par des produits moins dangereux. C’est dans ce cadre que l’on parle aujourd’hui de la substitution des produits CMR. Ce projet invite les entreprises à noter dans un document d’évaluation les recherches qu’ils ont menées et les risques rencontrés.

Les risques aux rayonnements ionisants

Le personnel des établissements sanitaires est souvent exposé à différentes sortes de rayonnements dont les rayonnements ionisants. Il convient alors de prévenir l’exposition à ces rayonnements, car ils sont néfastes pour l’organisme.

Quelles sont les conséquences de ces rayonnements ?

Les effets des rayonnements sur l’organisme peuvent être répertoriés en deux groupes :
– Les effets à court terme ou déterministes qui peuvent entraîner des lésions cellulaires
– Les effets à long terme et aléatoires qui peuvent engendrer des anomalies génétiques et des cancers
Leurs effets peuvent donc apparaître quelques heures à plusieurs mois, voire années après l’exposition.

Quels sont les moyens mis en œuvre pour les prévenir ?

Les mesures de prévention prises contre les rayonnements sont inclues dans ce qu’on appelle radioprotection. Les précautions instaurées à travers ce système doivent être donc adoptées correctement et il faut également s’assurer que les doses d’exposition ne dépassent pas les valeurs règlementaires établies par la loi. Il faut noter que la prise de mesures est importante, car si les produits radioactifs sont visibles et palpables, les risques ne le sont pas. Il convient donc de bien repérer et délimiter les zones à risques d’exposition. Pour cela, il faut tenir compte des murs et cloisons que certains rayonnements peuvent traverser et des surfaces pouvant réfléchir les rayonnements. L’arrêté du 15 mai 2006 précise les méthodes de délimitation des zones à risques en fonction des doses d’exposition, des règles de sécurité, d’hygiène, d’entretien, d’accès et d’affichage.

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