Projet irritant sur la médecine de travail

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(Dernière mise à jour : 29 janvier 2015)

Vers fin octobre 2014, le gouvernement a présenté 50 mesures de simplification administrative, dont l’objectif est de faciliter l’activité des entreprises face à la lourdeur administrative. L’une d’elles entend revoir la notion d’inaptitude. Une autre prévoit de simplifier les règles des visites médicales des salariés. Cinq syndicats (CFE-CGC, CFTC, FO, CGT et SNPST) ont vivement dénoncé ce projet de réforme tout en critiquant le « déni » du rôle du médecin de travail qui signe le déclin de la profession et la santé de tous les salariés.

Les salariés doivent passer une visite médicale avant l’embauche ou, au plus tard, avant la fin de la période d’essai. Ils bénéficient de visites médicales périodiques, au minimum tous les deux ans (sauf exceptions). Arguant le fait que les visites médicales obligatoires ne sont réalisées actuellement que dans 15% des cas, le Président François Hollande a jugé préférable de les simplifier, car la carence en corps médicaux ne permet pas de remédier à cette formalité jugée impossible qu’il vaut mieux limiter et cibler.

Les différents syndicats ont donc chacun leur opinion sur ce projet :

Le CFE-CGC, offusqué par ce projet dénonce l’intention d’amputer la spécialité du médecin de travail de son rôle essentiel au profit du médecin généraliste et de le transformer ainsi en un simple bilan de santé et que face à la violence des mesures annoncées, un front syndical sera constitué. Pour le syndicat FO, l’inadmissible transfert vers le médecin traitant a été déjà rejeté à cause des inadéquations entre les deux médecines. Considérée comme une spécialité à part entière, son désengorgement nécessite des recrutements et, en amont, plus de prévention. Vouloir adapter la visite d’embauche en la confiant au médecin généraliste revient à terme à la supprimer.

Pour le MG-France, un syndicat généraliste, une liaison ou une coopération étroite entre les deux médecines paraît cohérente. En effet, la médecine de travail est mieux placée pour les connaissances à l’endroit des agents d’exposition ainsi que des activités sur les zones de travail, tandis que le médecin traitant est plus compétent pour la connaissance du parcours et des antécédents du patient. La médecine du travail, la médecine générale et la psychiatrie sont les trois spécialités qui n’ont jamais attiré les internes à cause des conditions d’exécution du travail dans ces lieux ou du contenu même du métier. En théorie, l’assurance maladie ne prend pas en charge les visites médicales et les entreprises sont obligées de payer des cotisations. Alors si le projet de réforme se réalise, les conditions de rémunération des médecins traitants devraient être définies. Pour la CFTC, ceci est un peu trop simpliste. La CGT qualifie même ce projet de régression totale.

Pour le SNPST, ces mesures « profondément déstabilisantes » et annoncées « sans concertation » constitueraient, si elles étaient mises en oeuvre, une « atteinte aux droits des salariés ». Selon l’atlas de l’ordre des médecins, la France ne compte que 1.530 médecins du travail, avec une moyenne d’âge élevée.

 

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