Rénovation du Conservatoire municipal de Paris

Afin de mieux isoler les sons, le Conservatoire de danse et de musique de Paris, se trouvant au 12ème arrondissement, a été équipé d’un bardage céramique. Un large programme est prévu pour cet édifice, remplaçant celui de la rue Picpus, qui consiste à créer un endroit aux usages multiples et qui s’étale sur une superficie de 1,6 hectare.

Se trouvant dans la partie du Charolais Rotonde, à quelques mètres de la gare de Lyon, le bâtiment est composé de 5 étages qui abritent la salle de pratique des instruments, la salle de percussions, la salle de diffusion dans laquelle 200 personnes peuvent entrer, la salle de danse, la salle d’orchestre, de jazz et enfin la salle de détente.

Cela explique l’importance d’avoir travaillé sur l’acoustique de cet édifice, surtout pour Bernard Desmoulin, l’architecte chargé de réaliser les travaux. Nombreux sont les obstacles auxquels il a dû faire face, par exemple : les murs du bâtiment qui étaient difficiles à œuvrer à cause de leurs courbes, l’étroitesse du chantier…Cet architecte avait l’obligation de fournir une performance acoustique en tenant compte de la qualité du son à l’intérieur et du bruit qui peut nuire à ceux qui se trouvent à l’extérieur. Il fallait également isoler le bâtiment des bruits externes venant de la gare qui se trouve très près.

Les étapes de la réalisation des travaux

Pour la réalisation de ces travaux, ce conservatoire a été affecté de devantures en terre cuite qui font à présent son originalité. La couleur de ces devantures ne s’altèrera pas, même avec le temps, car ces dernières sont composées de plusieurs panneaux Longoton HF de Moeding.

L’ensemble de ces panneaux de 600 à 1900 mm et de ces baquettes émaillées donne une esthétique digne d’un objet d’art. S’ajoute à cela la structure qui semble très fine et qui participe aussi à la suspension des éléments.

En tout, 750 mètres carré de bardage ont été posés grâce à un système en aluminium. L’extérieur est isolé par des laines de verre/roche de 160mm.

Lucas Reha de Mayenne, un spécialiste des travaux de ce genre, s’est occupé de la pose des bardeaux qui était particulière à cause du poids et de la grandeur des éléments.

Une charpente spéciale a été déployée pour poser les pointes de diamant et des bielles en acier inoxydable ont été utilisées pour fixer les plaques.

Jacques Nouveau, le directeur de Lucas Reha Reval, montre que la sinuosité du béton et le calepinage des éléments de bardage les ont obligés à procéder à un système de patte équerre, support de charpente, avec de têtes rotatives.

Le résultat final

Les travaux finis, les murs du bâtiment exposent fièrement leurs courbes, ornés de paravents foncés et vitrés, disposés en désordre. Trois couleurs ont été choisies par l’architecte, afin d’égayer la façade de l’édifice, à savoir trois nuances de bleu nuit, qui ont joué sur les bardeaux et les baguettes contre soleil. Des plaques en inox doré ont été mises ici et là entre les plaques de céramique afin d’avoir un artifice de lumière étincelant.

Finalement, la rénovation de l’édifice s’est faite sur deux parties qui sont complètement opposées. La première façade est composée d’une grande masse en béton, ornée de tôle noire et de métal doré, dont le toit est constitué de végétaux. Elle assure la protection de la salle de diffusion pouvant accueillir 200 personnes et qui se trouve à l’angle de 2 rues. La deuxième est située à l’arrière et semble dessiner un fond de scène. Elle comprend les salles de danse et musique.