Santé au travail : les nouvelles valeurs limites d’exposition redéfinies par l’Anses

(Dernière mise à jour : 11 décembre 2017)

Les nouvelles recommandations de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) ont été publiées au mois de juillet dernier. Ces dernières se réfèrent à l’utilisation de substances chimiques pour lesquelles de nouvelles valeurs limites d’exposition (VLEP) ont été éditées.

Six substances ciblées

Cette révision du VLEP concerne principalement six substances chimiques couramment utilisées dans le milieu professionnel à savoir :

  • le trichloroéthylène ou TCE
  • le di-n-butylphtalate ou DnBP
  • le n-butanol
  • l’acétate de 2-éthoxyéthyle ou EGEEA
  • le butylbenzyl-phtalate ou BBzP
  • le 2-éthoxyéthanol ou EGEE

Le trichloroéthylène : peu inquiétant

Cette substance est surtout utilisée en guise de solvant ou d’intermédiaire réactionnel. Son utilisation tend à baisser au fil des ans puisqu’une nette diminution a été enregistrée entre 2003 à 2010. Le nombre de travailleurs qui ont été exposés au TCE est effectivement passé de 153 600 à 59 100. Cette baisse s’explique par le remplacement du TCE par un produit de substitution comme les produits lessiviels utilisés comme dégraissants.

Un meilleur encadrement pour l’EGEE

Le 2-éthoxyéthanol que l’on utilise, le plus souvent, en tant qu’intermédiaire de synthèse ou de produit chimique de laboratoire, son utilisation devrait faire l’objet d’un meilleur encadrement.

Certes, le rapport de l’INRS ( Institut national de recherche et de sécurité) en date de l’année 2005 stipule que la consommation est très faible pour l’EGEE après la mise en place d’une politique de substitution des éthers de glycol reprotoxiques, mais un encadrement plus strict serait quand même le bienvenu.

Pour l’acétate de 2-éthoxyéthyle ou EGEEA, sa valeur limite d’exposition passe de 1 ppm (fixé par le décret 2012) à 2 ppm pour une exposition de 8 heures pour prévenir leur hématoxicité.

Les plus inquiétants : les solvants plastifiants

Le di-n-butylphtalate ou DnBP est un plastifiant très utilisé au sein du secteur industriel français. Près de 42 secteurs y ont recours. Cette substance est surtout présente dans les encres d’impression, les résines, les polymères, les adhésifs, les enduits, les mastics, les peintures à la nitrocellulose, les fibres de verre et les revêtements.

On le retrouve donc un peu partout et les industriels ne sont pas les seuls exposés. Pour limiter ses effets reprotoxiques, l’Anses recommande une baisse du seuil de 5 mg/m3 à 2 mg/m3 pour une période de 8 heures.

Le butylbenzyl-phtalate ou BBzP est aussi en cause. Ce dernier est présent dans les vernis, les colles, les encres, les peintures et les mastics. Il est aussi utilisé en tant qu’agent de plastification et est ainsi présent dans le PVC et certains polymères comme les emballages alimentaires, les peintures plastiques, les revêtements de sol, …

Malgré ses effets reprotoxiques, aucune valeur limite d’exposition n’a été adoptée pour cette substance. Pour y remédier, l’Anses propose une VLEP de 13 mg/m3 au maximum et ce, pour une durée de 8 heures.

D’autres valeurs limites définies pour certaines substances

Santé au travail : les nouvelles valeurs limites d'exposition redéfinies par l'Anses

A part la VLEP, il convient aussi de définir les valeurs limites biologiques (VLB) et les valeurs biologiques de référence (VBR) pour certaines substances comme l’acrylamide, le chrome hexavalent, le benzylbutyl-phtalate et le di-n-butylphtalate.

L’Anses propose les valeurs suivantes pour le chrome urinaire :

  • une VLB inférieure à 2, 5 ug/L pour une exposition de 8 heures au chrome urinaire
  • une VLB inférieure à 0,65 ug/L pour une exposition de 8 heures au chrome hexavalent

En ce qui concerne les complexes issus de l’acrylamide et de l’hémoglobine, instaurer une VBR est recommandée par l’Agence. Cette dernière le chiffre à :

  • 85 pmol/g de globine pour les non-fumeurs
  • 285 pmol/g de globine pour les fumeurs

Pour le mono-n-butylphtalate urinaire, la VBR devra se situer en dessous de 70 ug/L ou 50 ug/g de créatinine.

Quant au butylbenzyl-phtalate, son suivi se fera à travers la VBR du mono-benzylphtalate urinaire qui est de 40 ug.L-1 ou 30 ug.g-1 de créatinine.

Les autres recommandations de l’Anses

Malgré ces modifications, la seule mesure vraiment urgente à mettre en place, d’après l’Anses, est le lancement de produits de substitution moins nocifs. Sont concernés les substances cancérogènes, toxiques et mutagènes.

Elle souhaite également que le développement de valeurs biologiques soit maintenu. Ces dernières permettraient la surveillance biologique des expositions dans le milieu professionnel. Une fois définies, ces valeurs compléteront le dispositif réglementaire français de prévention du risque chimique sur les lieux de travail.

Toutes les instances paritaires du ministère chargé du travail doivent désormais discuter de ces recommandations de l’Anses afin de fixer de nouvelles valeurs limites d’expositions professionnelles réglementaires aux produits concernés.

En attendant, Abisco propose des appareils respiratoires et détecteurs de gaz pour s’en protéger.

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