Santé au travail : les TMS des membres supérieurs chez les Français

Sante au travail troubles musculo squelettiques
(Dernière mise à jour : 24 mars 2015)

L’Institut de veille sanitaire vient de publier la troisième édition de son ouvrage, dédié aux TMS (Troubles musculo-squelettiques) en France. Ce document comporte des détails sur la prévalence, la fréquence et les conséquences de ces troubles, en fonction des catégories professionnelles, de l’âge des travailleurs ainsi que des domaines d’activité.

Troubles musculo-squelettiques : qu’est-ce que c’est ?

Les TMS regroupent diverses affections qui concernent les tissus mous (cartilages, muscles, nerfs…) et qui se manifestent surtout par des douleurs ou la gêne dans la réalisation des tâches quotidiennes. Ils peuvent être plus ou moins graves et rendre la personne concernée inapte au travail. De nos jours, les TMS sont au centre des préoccupations en matière de santé au travail en France et dans le reste de l’Europe. Plusieurs facteurs interviennent mais les principaux facteurs liés à la profession et qui entraînent les TMS sont les facteurs biomécaniques et les contraintes organisationnelles et psychosociales.

TMS des épaules : les plus fréquemment observés

Au vu des résultats présentés, les TMS aux épaules sont les plus fréquemment observés. Dans l’ensemble, les taux de prévalence s’accroissent avec l’âge, indépendamment du sexe des individus. En 2011, les TMS des membres supérieurs d’origine professionnelle avaient un taux de prévalence de 1.8% pour les hommes et 1.2% pour les femmes. Mais sur la période 2006-2012, ce taux a considérablement augmenté, notamment à cause du nombre de TMS aux épaules signalés. Il existe des domaines d’activité plus concernés par les TMS-ms que d’autres : le secteur industriel et l’agriculture pour les deux sexes et la construction uniquement chez les hommes. Le taux de prévalence est aussi influencé par les catégories socioprofessionnelles : les ouvriers qualifiés ou non qualifiés sont les plus concernés.

Des mouvements répétitifs

Les symptômes liés aux TMS-ms ont une incidence importante sur l’avenir professionnel d’un individu. Ils sont souvent à l’origine des départs anticipés. En effet, en comparaison avec les employés qui ne présentent pas ces symptômes, les salariés atteints de TMS sont, même des années après, deux fois plus nombreux à quitter prématurément l’activité professionnelle et leur invalidité est trois fois plus élevée.

Bon nombre de salariés sont sujets au cumul de plusieurs genres d’exposition biomécanique, à savoir la répétitivité élevée, le travail en force et les postures pénibles. Les jeunes entre 20 et 29 ans sont les plus concernés. Mais près de 50% des hommes de cet âge sont exposés au cumul de la posture pénible et du travail en force. Quant aux femmes, elles sont plus concernées par la répétitivité élevée du travail.

La prévisibilité varie selon le sexe

Les résultats montrent que le sexe ne fait pas partie des facteurs de cumul des expositions, contrairement aux catégories socioprofessionnelles : ce sont les employés de commerce et les ouvriers non qualifiés qui sont les plus touchés. En revanche, pour les facteurs prédictifs en matière de douleurs ou de TMS aux épaules,  le sexe du travailleur joue un rôle important.

Pour les hommes, les facteurs physiques et le manque de soutien social sont les plus courants, tandis que chez les femmes, il y a non seulement les facteurs physiques mais aussi les contraintes organisationnelles et individuelles (comme l’obésité).

Des TMS plus fréquents avant 2012

Sur la période de 1997 à 2012, le nombre de TMS était six fois plus élevé et cela s’est fait ressentir sur l’indemnisation des maladies professionnelles. En moyenne, on recense près de 80% d’indemnisation de TMS dans le secteur agricole. Mais le pic du nombre d’indemnisation a été atteint entre 1997 et 2012 (six fois plus élevé). A cette époque, les TMS étaient les premières origines de journée de travail gâchées car on observait un grand nombre d’arrêts de travail, entrainant une perte de près de neuf millions de jours de travail en 2011. Cela constitue un pourcentage important (84%) sur la totalité des journées travaillées. Mais le taux de TMS indemnisé est plus élevé chez les femmes.

Certes, le syndrome du canal carpien détient la première place en matière d’indemnisation par le régime général de sécurité sociale. Mais les TMS sont toutefois plus fréquents en tant que maladies à caractère professionnel. Au cours de ces trois dernières années, les taux de TMS aux épaules ont augmenté plus rapidement que les autres types de TMS.

De nombreuses sous-déclarations

La mise en place de deux modes d’observation, à travers des approches différentes, a permis d’évaluer le nombre de sous-déclarations de maladies professionnelles et de constater que les sous-déclarations de TMS-ms étaient plus nombreuses. Le réseau de surveillance des TMS a établi un taux de 42% en sous-déclaration de TMS chez les hommes et 44% chez les femmes. Le programme de surveillance des maladies à caractère professionnel donne un autre résultat : 64% chez les hommes, contre 56% chez les femmes.

Le document va permettre la mise en parallèle des indicateurs épidémiologiques essentiellement utilisés concernant les TMS liés au travail. Ce sont les indicateurs sur l’exposition, la réparation et l’impact sur la santé. Ces données sont utiles pour définir les orientations en matière de prévention des risques de TMS. Néanmoins, tout cela implique qu’il faudra mobiliser tous les acteurs dans l’entreprenariat (dont le chef d’entreprise) et non pas uniquement le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et le Service de santé au travail (SST). En effet, en vertu de l’article L4121-1 du code de travail, cela relève des responsabilités du chef d’entreprise.

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