Sécurité et santé au travail : un bilan de 6 300 décès par jour à travers le monde

Le bureau international du travail publie une étude sur la SST
(Dernière mise à jour : 4 avril 2017)

Le BIT (Bureau International du Travail) a récemment mené une étude sur la SST à travers le monde et le bilan découvert est alarmant. En effet, selon les résultats de leur investigation, l’insuffisance de sécurité et santé au travail engendre près de 6 300 décès par jour ce qui coûte 4 % du PIB mondial.

Les détails de ce bilan

Selon les chiffres recueillis par le BIT :

  • Un travailleur meurt toutes les 15 secondes d’un accident de travail ou d’une maladie professionnelle : cela équivaut à 6 300 décès par jour et 2, 3 millions de décès par an
  • 860 000 employés sont victimes d’un accident de travail non-mortel chaque jour soit 313 millions de travailleurs blessés par an

Ces chiffres prouvent à quel point le manque de sécurité et santé au travail est énorme à travers le monde. Même si toutes les filières sont concernées, on note plus d’accidents et de décès dans les secteurs de l’agriculture, des mines et du BTP.

Un coût non négligeable

Pour conscientiser le monde face à ces accidents et décès, le BIT rappelle qu’ils engendrent un coût humain important et une répercussion non négligeable sur le plan économique. En effet, les soins, les frais d’indemnisation liés à une lésion ou à une maladie professionnelle, les frais de réadaptations, le recouvrement du temps de travail perdu à cause des arrêts maladies, les interruptions de production, … tout cela coûte dans les 2 800 milliards de dollars par an soit environ 4 % du PIB mondial.

Une dépense énorme que l’on pourrait toutefois réduire si chaque pays et gouvernement s’engage à mettre en place une politique SST performante.

A lire également : Santé et sécurité au travail : définir les responsabilités de chacun

Les détails de l’étude ainsi que le bilan complet ont été publiés dans le document intitulé « Œuvrer ensemble pour promouvoir un milieu de travail sûr et salubre ». La Commission d’experts ad hoc du BIT qui l’a publié y évoque également les conventions à appliquer pour renforcer la sécurité et santé au travail à travers le monde.

Le bureau international du travail publie une étude sur la sécurité et la santé au travail

Les conventions retenues

La décision n’est pas récente puisque le Conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail (OIT) a déjà décidé, en novembre 2014 à l’occasion de sa 322e session, que l’année 2017 se focalisera sur la sécurité et santé au travail. Dans ce contexte, plusieurs conventions seront mises à l’honneur à savoir :

  • La convention n°167 qui date de 1988 et s’intéresse à la SST dans la construction
  • La convention n°176 qui date de 1995 et se réfère à la SST dans les mines
  • La convention n°184 qui date de 2001 et se focalise sur la SST dans l’agriculture
  • La convention n°187 datant de 2006 et représente le cadre promotionnel pour la SST

Toutes les études prévues pour 2017 devront également tenir compte de la convention n°155 et de la recommandation n°164 qui l’accompagne. Toutes deux datent de 1981 et concernent la sécurité et la santé des travailleurs. Le protocole se référant à la convention n°155  et qui date de 2002 ainsi que les conclusions de la 98e Commission de l’application des normes de la Conférence internationale du Travail en date de 2009 devront également être pris en compte.

Les chapitres à étudier

En vue de ces conventions, l’étude a édité quelques chapitres à étudier de près :

  • Chapitre I : Les politiques, systèmes et programmes nationaux de SST
  • Chapitre II : L’importance des informations recueillies pour élaborer ces politiques, systèmes et programmes
  • Chapitre III : Importance de la coopération pour cette élaboration et la mise en place des mesures SST, responsabilités, obligations et droits des employeurs et employés
  • Chapitre IV : Développement d’une culture nationale sur la SST et de mesures de prévention et de protection spécifiques
  • Chapitre V : Les mesures pour la mise en place de la législation nationale régissant la SST
  • Chapitre VI : L’impact des instruments choisis et détermination d’une possible action normative à adopter

Durant l’étude d’ensemble, chaque convention sera examinée séparément, mais les divers instruments seront étudiés en parallèle pour mettre en exergue leurs aspects communs. Aussi, les responsables analyseront et la situation générale avant de s’attaquer, de manière plus approfondie aux secteurs à risques à savoir l’industrie minière, agriculture et construction.

De nombreux participants

Pour mener à bien cette étude d’ensemble, 111 gouvernements ont déjà fourni les rapports sur leur législation et leurs pratiques nationales en ce qui concerne les instruments cités ci-dessus. Ils ne sont pas les seuls à vouloir y contribuer puisque 41 organisations de travailleurs, 17 organisations d’employeurs et un organisme national bipartite ont également émis des observations et fourni des informations.

Comparé à la session de 2009, les gouvernements participants sont plus nombreux tandis que le nombre d’organisations observatrices a baissé.

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