Sécurité sanitaire : attention aux nanomatériaux

(Dernière mise à jour : 29 mai 2014)

Un avis de la part de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) a été publié, confirmant ainsi que les nanomatériaux constituent un risque pour notre santé et pour l’environnement.

On trouve des nanomatériaux dans plus de produits qu’on ne le croit. Par exemple, il y en a dans les crèmes solaires conçues pour nous préserver des UV, les condiments qu’on utilise quotidiennement, comme le sel ou le sucre, ou encore les dentifrices que nous utilisons pour éviter la plaque dentaire.

Sécurité sanitaire : attention aux nanomatériaux

Sécurité sanitaire : attention aux nanomatériaux

De ce fait, les nanomatériaux représentent un enjeu important en termes de santé et de protection de l’environnement et cela, partout dans le monde. C’est d’ailleurs ce qu’a souligné la cinquième édition de la conférence ministérielle sur la santé et l’environnement organisée par l’OMS en Europe. Lors de cette conférence, 53 pays membres, représentés par leur Ministre de la santé, ont insisté pour que les enjeux environnementaux et sanitaires associés aux nanomatériaux et les technologies les concernant soient une priorité dans la déclaration de Parme 2010 concernant la santé et l’environnement.

Nécessité de technologies de pointe

Des institutions internationales, dont la CE, l’ISO et l’Organisation de Coopération et de Développement Economique, ont mené des études dans le but de mettre en place des méthodes pour évaluer les risques liés aux nanomatériaux. Cela concerne particulièrement le milieu professionnel ou la détermination de tests dans le cadre de la sécurité environnementale et sanitaire. En France, cela se traduit par les plans locaux « santé-travail » et « santé-environnement » qui se sont centrés sur la conduite indispensable d’études pour déterminer les risques, les dangers et les expositions pour l’environnement et la santé. Par ailleurs, l’obligation de déclaration des utilisations de nanomatériaux vient d’entrer en vigueur récemment. Rappelons les articles L.523-1 à L.523-8 du code de l’environnement qui contraignent à la déclaration des quantités produites, importées puis commercialisées dans tout le territoire chaque année.

Dans cette optique, divers rapports ont été communiqués par l’ANSES concernant les enjeux de santé inhérents à l’exposition aux nanoparticules, que ce soit dans le domaine professionnel ou pour le public en général. D’après ces rapports, il est particulièrement compliqué de mesurer les risques liés à ces expositions. Les rapports insistent également sur la nécessité d’en savoir davantage et d’avoir des moyens innovants pour évaluer les dangers liés aux expositions aux nanoparticules du fait de leurs propriétés. En 2010, un rapport avait aussi été publié par l’agence concernant un outil pour évaluer les risques liés aux nanomatériaux dans le milieu du travail. En 2012, l’Anses avait effectué une mise au point sur les connaissances liées à l’écotoxicité et la toxicité des nanotubes contenant du carbone. En 2013, on avait évalué les risques liés à un programme de développement de nanotubes de carbone à l’échelle industrielle. Enfin, depuis l’année dernière, l’Anses, pour le compte du ministère de l’écologie, est chargée de la gestion des déclarations de substances à base de nanoparticules.

Travailleurs : des risques d’exposition accrus

L’Anses souligne les recommandations de l’Afsset en 2008, notamment sur l’obligation de déclarer les nanomatériaux produits comme étant à un « niveau de danger inconnu », d’où la nécessité de les manipuler avec grande précaution, comme s’ils étaient des produits dangereux. Autrement dit, il s’agit de mettre en œuvre l’hygiène et la sécurité au travail ainsi que les mesures de sécurité sanitaire pour réduire l’exposition à ces substances représentant un danger pour l’homme. Ainsi, l’Anses recommande de faire des évaluations de risques dès lors que l’on met en oeuvre des nanomatériaux, en tenant particulièrement compte des enjeux de santé.

L’Agence recommande aussi l’usage de mesures de « nano-sécurité » suivant le concept « Substitution, Technologie, Organisation, Protection » (STOP) et de signalisation des risques liés aux nano-objets (traçabilité, archivage, mesure de l’exposition et de l’ambiance, suivi sanitaire et formation). Par ailleurs, l’Agence préconise l’engagement immédiat des recherches pour pouvoir classifier réglementairement les types de nanomatériaux produits, dont les données sont insuffisantes vis-à-vis de la toxicologie, à l’image de la classification dans le règlement européen « CLP7 ».

En 2006, le Centre International de Recherche sur le Cancer a classifié le dioxyde de titane parmi les substances potentiellement cancérigènes pour l’être humain, sans pour autant préciser la nature et la taille du dioxyde de titane (et donc la taille des nanomatériaux). Selon la publication de l’Anses en 2012, les effets asphyxiants sur la santé de l’homme en contact avec ces substances ont confirmé la dangerosité des nanotubes de carbone. De ce fait, ces derniers devraient être classés dans le règlement CLP. D’autres matières, dont le dioxyde de silice et de titane, l’oxyde de zinc, l’argent, l’oxyde de cérium, l’or, ou encore l’oxyde d’aluminium devraient également faire l’objet de classification, car les chercheurs ont assez de documentations pour le faire.

 

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