SST : le transport routier prend du retard

(Dernière mise à jour : 11 décembre 2017)

En termes d’accidentologie, le transport routier a fait beaucoup d’efforts, mais il lui faudra maintenant accélérer la cadence en matière de santé et sécurité au travail. En effet, le nombre de maladies professionnelles et d’accidents y reste particulièrement élevé.

L’accidentologie sur la bonne voie

Avant l’année 2000, l’accidentologie du transport routier défrayait la chronique. Pour réduire les chiffres alarmants, les camions et autres poids lourds se sont vus embarquer à bord de leurs engins, des aides électroniques, un système de freinage électronique assisté, un régulateur de conduite et même la

climatisation laquelle a contribué à rendre les chauffeurs plus attentifs. Ces derniers ont également bénéficié d’une formation plus poussée ce qui les a rendus plus vigilants, moins fatigués et plus attentifs aux dangers.

Résultats : de 2000 à 2016, on a enregistré une baisse d’accidentologie de 56 % renforcée par une baisse de 15 % entre 2010 et 2016.

Un renforcement des formations

Pour réduire les accidents, les conducteurs des véhicules de plus de 3, 5 t doivent, depuis 2009, suivre une formation initiale minimale obligatoire ou Fimo. Cette dernière se focalise surtout sur la sécurité routière et la santé. Après cette formation, ils devront ensuite suivre, tous les cinq ans, une Formation continue obligatoire ou FCO. Celle-ci a pour objectifs de leur faire réviser la sécurité et la réglementation professionnelle.

SST : le transport routier prend du retard

Si les lois sont devenues aussi strictes à l’égard du transport routier c’est parce qu’en 2016, plus de 3 600 personnes ont trouvé la mort sur les routes françaises. Parmi ceux qui les ont engendrés, l’ONISR (observatoire national interministériel de la sécurité routière) pointe du doigt 55 poids lourds dont certains d’entre eux avaient au volant, des chauffeurs sans ceinture de sécurité.

Le TMR doit faire de gros progrès

Le TMR ou Transport routier de marchandises doit encore faire de très gros efforts en termes de sécurité et santé au travail puisque ce secteur affiche des indices de fréquence et de gravité des accidents très élevés à raison de 80,8 et 38,9.

En 2015, on a enregistré 26 422 accidents de travail pour 327 072 salariés et ce, alors que le véhicule était à l’arrêt. Chaque année, neuf accidents sur dix se produisent alors que le véhicule est à l’arrêt.

Selon les responsables, la majorité de ces accidents ont lieu durant les chargements et les déchargements des véhicules. Ils évoquent notamment la perte de vigilance des conducteurs de poids lourds qui doivent s’arrêter fréquemment tout en respectant les délais de livraison pré-déterminés.

On peut également citer les chutes qui surviennent quand les conducteurs doivent monter ou descendre de leur cabine ou de la remorque, les glissades et mauvaises chutes dues aux zones de déchargement/chargement trop encombrées.

L’INRS propose un guide destiné aux TMR

Pour réduire le nombre d’accidents de travail relatifs aux TMR, l’INRS a publié un guide dédié à ce secteur. Dans ce document, l’Institut invite les employeurs à :

  • mieux organiser le travail afin d’anticiper facilement les risques
  • mettre en place, avec leurs clients, un protocole de sécurité afin de renforcer la sécurité des opérations de manutention en coactivité
  • l’usage de matériels et d’outils de sécurité pour réduire les chutes de hauteur
  • l’utilisation de transpalettes électriques et de portes arrière à rideaux pour prévenir les lombalgies

En ce qui concerne ce dernier point, l’INRS rappelle que l’usage de ce type d’équipements peut être assujetti à des aides financières auprès de la Carsat (caisse d’assurance retraite et de la santé au travail). Depuis leur lancement jusqu’au 30 août 2017, l’organisme a versé près de 267 aides Transport+Sûr.

Le logiciel Oira à la disposition des transporteurs

Afin de renforcer la prévention des risques, les entreprises de transport peuvent compter sur le logiciel Oira (outil interactif d’évaluation des risques). Il complète le guide de l’INRS et permet d’évaluer les risques professionnels. Il aide aussi les employeurs à établir leur document unique.

Le logiciel est accessible en ligne et permet d’établir un plan d’action de prévention.

Dans tous les cas, Abisco met à la disposition des professionnels, différents équipements pour sécuriser leurs activités comme les signalisations.

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