Un début difficile en CDI pour les professions de l’industrie

Un debut difficile en CDI pour les professions de l industrie
(Dernière mise à jour : 20 avril 2015)

Selon une étude statistique du Céreq, les jeunes diplômés en 2010 étaient 13% à avoir commencé leur activité professionnelle dans le secteur de l’industrie, souvent dans une situation de travail encore instable.
Le passage qui marque la fin des années d’études et les premiers pas dans le monde professionnel est toujours aussi pénible pour les jeunes. Pour preuve, l’étude « Génération 2010 » de la même année du Centre d’études sur les qualifications (Céreq) affirme que trois années après l’obtention de leurs diplômes, seulement 57% des jeunes étudiants ayant achevé leurs études ont pu décrocher un travail durable, contre 64% en 2004.


Il est rare que les nouveaux venus du monde du travail obtiennent un CDI dès le premier contrat : seuls 33% en ont signé un, 53% ont déniché un CDD et 14% des jeunes ont pu obtenir un contrat d’intérim. Toutefois, même si les plus jeunes sont les plus touchés, il faut dire que leur position a progressé au cours de ces trois dernières années. Mais des situations d’inégalité subsistent. Il n’est plus étonnant de constater que ceux qui y arrivent dès le premier coup sont les hommes de nationalité française, habitant en ville, diplômés, et ayant des parents cadres. L’étude ajoute que 7% des jeunes diplômés en 2010 n’ont décroché aucun poste jusqu’à ce jour et 14% vivent dans des conditions vraiment difficiles.

Le secteur du travail industriel recrute trois fois sur quatre des CDD et des contrats d’intérim

Les nouveaux emplois du secteur industriel sont beaucoup plus incertains et instables que la moyenne. En effet, en 2010 seulement 24% des jeunes ont pu immédiatement commencer leur carrière professionnelle avec un CDI, ce qui correspond à un jeune sur quatre. Une proportion bien plus élevée dans d’autres secteurs tels que l’administration publique ou les transports. C’est en industrie que la majorité des jeunes (39%) commencent leur activité professionnelle par de l’intérim, qui est privilégié au CDD (37% de jeunes). Par contre, un jeune salarié sur dix commence par des travaux à temps partiel, contrairement au domaine de la restauration et de l’hôtellerie, qui en compte un sur deux.
Les jeunes ayant décroché un premier travail en industrie sont à 40% diplômés universitaires, un chiffre encourageant qui témoigne du développement des compétences des carrières dans l’industrie. 32% ne sont pas diplômés mais possèdent un CAP ou un BEP, et un peu moins d’un jeune sur trois (28%) est seulement bachelier. En résumé, il a été constaté que décrocher un diplôme de spécialisation industrielle déboucherait plus facilement que les autres diplômes sur un emploi durable.

La chargée d’études au Céreq Pascale Rouaud explique que la différence se situe au bac, pour les lycéens ayant arrêté leurs scolarité à ce niveau-là. Elle précise que les titulaires du bac professionnel réussissent facilement à trouver un premier travail, contrairement aux bacheliers en série générale qui ont beaucoup plus de difficultés. Seule la moitié des bacheliers généralistes ont décroché un poste durable trois ans après l’obtention d’un premier emploi, contrairement aux bacheliers professionnels qui en sont à 65%.

L’industrie présente un autre avantage : les rémunérations. Le salaire moyen d’un nouveau travailleur peut atteindre les 1370 euros nets par mois, ce qui situe le secteur de l’industrie en cinquième place sur les quinze autres de l’enquête. Malheureusement, celui-ci ne s’accroît pas aussi rapidement qu’ailleurs. Il ne progresse en moyenne que de 3,6% par an, contrairement à l’ensemble des autres secteurs qui progressent de 4,7% par an.

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